Le job crafting, ou l'art de remodeler son propre poste, est une démarche proactive permettant d'améliorer son bien-être et son engagement au travail sans changer d'entreprise. Cette stratégie consiste à modifier activement trois dimensions de son poste : les tâches (task crafting), les relations (relational crafting) et la perception du travail (cognitive crafting). Pour être efficace, cette approche nécessite une connaissance de soi approfondie, que le bilan de compétences est particulièrement apte à fournir en identifiant les forces, les aspirations et les sources de motivation d'un individu.
Qu'est-ce que le Job Crafting ? Une définition claire
Conceptualisé par les chercheuses Amy Wrzesniewski et Jane E. Dutton en 2001, le job crafting décrit les actions que les employés entreprennent pour redéfinir et réimaginer leur travail. Loin d'être une simple acceptation passive des fiches de poste, c'est une prise de contrôle sur son environnement professionnel. Cette démarche s'articule autour de trois axes principaux.
Le "Task Crafting" (remodelage des tâches)
Il s'agit de modifier la nature, le nombre ou l'organisation de ses missions. Un salarié peut, par exemple, chercher à intégrer de nouvelles responsabilités qui correspondent mieux à ses compétences ou à automatiser des tâches répétitives pour se concentrer sur des activités à plus forte valeur ajoutée.
Le "Relational Crafting" (remodelage des relations)
Cet axe concerne la modification de la qualité et de la quantité des interactions professionnelles. Cela peut se traduire par le développement de nouvelles collaborations avec des collègues inspirants, le mentorat d'un nouvel arrivant ou, à l'inverse, la limitation des interactions avec des personnes perçues comme négatives.
Le "Cognitive Crafting" (remodelage cognitif)
C'est sans doute la dimension la plus personnelle. Le remodelage cognitif consiste à changer sa perception du travail et de sa finalité. Un comptable peut par exemple voir son rôle non plus comme une simple gestion de chiffres, mais comme une contribution essentielle à la santé financière et à la pérennité de son entreprise.
Le bilan de compétences : Le point de départ du Job Crafting
Si le job crafting est une démarche initiée par le salarié, elle ne peut être menée à bien sans une boussole interne fiable. Le bilan de compétences joue ce rôle de catalyseur en fournissant une analyse objective et structurée de son profil professionnel. Il ne sert pas uniquement à préparer une reconversion, mais aussi à optimiser sa situation actuelle. Cette démarche est fondamentale pour envisager une évolution interne réussie sans nécessairement changer d'entreprise.
Identifier ses forces, ses aspirations et ses valeurs
Le bilan met en lumière les compétences clés, les talents naturels et les centres d'intérêt profonds. Cette cartographie précise permet d'identifier quelles nouvelles tâches seraient les plus épanouissantes à intégrer ou quelles compétences mériteraient d'être davantage mises à profit dans son quotidien.
Mettre en lumière les écarts et les frustrations
À l'inverse, le bilan aide à nommer ce qui ne convient plus : les tâches dénuées de sens, les relations professionnelles insatisfaisantes ou un décalage entre ses valeurs personnelles et celles de son poste. C'est en identifiant précisément ces points de friction que le salarié peut cibler ses actions de job crafting.
Comment mettre en œuvre le Job Crafting après son bilan ?
Une fois les conclusions du bilan de compétences posées, il est temps de passer à l'action de manière structurée. La démarche vise à aligner progressivement le poste existant avec le profil et les aspirations révélés.
Étape 1 : Analyser les résultats du bilan
Traduisez les conclusions du bilan en objectifs de crafting concrets. Si le bilan a révélé un fort besoin de créativité, identifiez des projets ou des missions au sein de votre poste où cette compétence pourrait être mobilisée. Si un besoin d'autonomie est ressorti, réfléchissez à la manière de gagner en responsabilité sur certains dossiers.
Étape 2 : Élaborer un plan d'action
Listez des actions spécifiques, mesurables et réalistes. Il ne s'agit pas de révolutionner son poste du jour au lendemain, mais d'initier des changements progressifs. Par exemple : consacrer une heure par semaine à un projet innovant, proposer d'organiser une réunion d'équipe mensuelle sur un sujet qui vous passionne, ou déjeuner avec un collègue d'un autre service pour élargir votre réseau.
Étape 3 : Communiquer avec son manager
La réussite du job crafting repose souvent sur une communication transparente. Il est crucial de présenter sa démarche à son manager non pas comme une critique de son poste, mais comme une volonté d'accroître son engagement et sa performance. Il s'agit de négocier de nouvelles missions alignées sur vos compétences et aspirations. Dans certains cas, cela peut aussi inclure la possibilité de demander un aménagement de son temps de travail pour trouver un meilleur équilibre. Si le remodelage du poste actuel atteint ses limites, les informations du bilan peuvent aussi servir de base pour négocier une mobilité interne vers un rôle plus adapté.
En conclusion, le job crafting, éclairé par les analyses d'un bilan de compétences, offre une voie pragmatique et valorisante pour devenir l'architecte de sa propre vie professionnelle. C'est une stratégie gagnant-gagnant, bénéfique à la fois pour l'épanouissement du salarié et pour la performance de l'entreprise.