À l'heure où l'on entre sur le marché du travail, les doutes peuvent être nombreux. Le diplôme en poche, une question persiste souvent : ai-je fait le bon choix ? Le bilan de compétences, traditionnellement associé aux professionnels en milieu de carrière, s'avère être un outil stratégique pour les juniors et jeunes diplômés. Il permet de valider une orientation, d'identifier ses compétences transférables et ses soft skills, de gagner en confiance pour ses premiers entretiens et de construire un projet professionnel solide dès le départ, évitant ainsi les écueils d'une mauvaise orientation initiale.
Pourquoi un bilan de compétences si tôt dans sa carrière ?
Loin d'être un constat d'échec, réaliser un bilan de compétences en début de parcours est une démarche proactive. Pour un jeune diplômé, les bénéfices sont multiples et permettent de poser des fondations saines pour l'avenir professionnel.
Valider un choix d'orientation
Les études supérieures sont parfois choisies sur la base d'informations partielles ou d'une méconnaissance du monde du travail. Le bilan offre un espace de réflexion pour confronter ses aspirations à la réalité du marché. C'est l'occasion de valider un choix d'orientation post-études et, si nécessaire, d'envisager une réorientation professionnelle précoce pour corriger une erreur d'aiguillage, avant de s'engager dans une voie qui ne correspond pas.
Mieux se connaître et identifier ses atouts
Un bilan ne se contente pas de lister les compétences techniques acquises en formation. Il met en lumière les compétences transversales (soft skills) et les traits de personnalité qui sont de véritables atouts pour les recruteurs. Pour un junior, savoir identifier et verbaliser ces points forts (capacité d'adaptation, créativité, esprit d'équipe) est un avantage concurrentiel majeur.
Gagner en confiance pour aborder le marché du travail
Le passage du monde académique au monde professionnel peut être intimidant. Le bilan aide à prendre conscience de sa propre valeur et de ses savoir-faire, un atout majeur pour vaincre le syndrome de l'imposteur du débutant. Mieux armé et plus sûr de son projet, le jeune diplômé aborde ses entretiens d'embauche avec plus d'assurance et de clarté.
Les idées reçues sur le bilan de compétences pour les jeunes
Certains freins et fausses croyances peuvent dissuader les plus jeunes de se lancer dans la démarche. Il est important de les déconstruire.
- "C'est réservé aux seniors en reconversion." C'est faux. Le bilan est un outil de construction de carrière, pertinent à chaque étape. Il s'agit d'un dispositif encadré par le Code du travail, accessible à toute personne active. Pour qu'il soit efficace, il est simplement essentiel de choisir un bilan adapté à son âge et son expérience.
- "Je n'ai pas assez d'expérience professionnelle." L'expérience ne se résume pas aux contrats de travail. Le bilan valorise toutes les expériences : stages, alternances, projets universitaires, bénévolat, jobs étudiants. L'objectif est de se concentrer sur le potentiel et les compétences acquises, peu importe le contexte.
- "C'est une démarche coûteuse." Le bilan de compétences est éligible au Compte Personnel de Formation (CPF). Les droits CPF s'acquièrent dès la première activité professionnelle, y compris l'apprentissage. Il est donc possible de financer tout ou partie de son bilan sans avance de frais.
Comment se déroule un bilan adapté aux profils juniors ?
Selon le site officiel du service public, un bilan de compétences se structure généralement en trois phases, adaptées ici à un public junior :
- La phase préliminaire : Un entretien permet de définir les objectifs spécifiques du jeune diplômé. S'agit-il de confirmer un projet ? D'explorer des pistes ? De préparer des entretiens ?
- La phase d'investigation : C'est le cœur du bilan. À travers des tests, des entretiens et un travail de réflexion, le consultant aide le jeune à analyser ses motivations, ses intérêts professionnels et ses compétences. L'accent est mis sur l'exploration des métiers et des secteurs porteurs en lien avec le profil.
- La phase de conclusion : Une synthèse est remise, détaillant les pistes professionnelles et un plan d'action concret. Ce plan peut inclure des stratégies de recherche d'emploi, des contacts à activer, ou des suggestions de formations complémentaires.
Certains organismes ont développé des méthodologies spécifiquement conçues pour les profils débutants. Par exemple, des structures comme Excellart proposent une approche qui aide les jeunes à structurer leur projet professionnel dès leurs premiers pas, en capitalisant sur leur potentiel. Un entretien découverte peut permettre d'y voir plus clair sur la pertinence de la démarche.
Le bilan de compétences : un investissement pour l'avenir
Plutôt qu'une dépense, le bilan de compétences en début de carrière est un investissement. Il permet de gagner du temps, d'éviter les erreurs d'aiguillage coûteuses en énergie et en motivation, et de démarrer sa vie professionnelle sur des bases solides et alignées avec sa personnalité. C'est se donner les moyens de construire un parcours professionnel épanouissant et cohérent, dès le premier jour.