Anticiper les obstacles et prévoir des plans B après le bilan

La finalisation d'un bilan de compétences marque souvent le début d'une nouvelle dynamique professionnelle. Le projet est clarifié, la motivation est renouvelée, mais le chemin de la concrétisation est semé d'imprévus. Si l'élaboration d'un plan d'action solide est le fondement de la réussite, son efficacité réside dans sa capacité à résister aux aléas de la réalité. Anticiper les obstacles potentiels et prévoir des plans alternatifs n'est pas une option, mais une nécessité stratégique pour sécuriser sa transition et garantir l'atteinte de ses objectifs. Cet article explore les méthodes pour identifier ces freins et construire des scénarios de rechange efficaces.

Pourquoi l'anticipation des obstacles est-elle une étape non négociable ?

Le passage de la théorie à la pratique révèle souvent des défis insoupçonnés. Un plan d'action, aussi détaillé soit-il, reste une projection idéale. L'anticipation des obstacles permet de confronter cette projection au principe de réalité et de renforcer la robustesse du projet. Ignorer cette phase, c'est prendre le risque de voir son projet s'effondrer au premier imprévu, générant démotivation et perte de confiance.

Les différents types d'obstacles à considérer

Les freins à un projet de reconversion ou d'évolution peuvent être de plusieurs natures :

  • Obstacles financiers et matériels : Le financement d'une formation, la baisse potentielle de revenus pendant la transition, le coût du matériel nécessaire ou encore les contraintes de mobilité sont des facteurs concrets. Une bonne préparation passe par l'identification précise des ressources nécessaires et des solutions pour les obtenir.
  • Obstacles personnels et psychologiques : Le doute, la peur de l'échec, le syndrome de l'imposteur, le manque de soutien de l'entourage ou la difficulté à sortir de sa zone de confort sont des barrières internes puissantes qu'il faut nommer pour mieux les gérer.
  • Obstacles liés au marché et à l'environnement : Un secteur plus concurrentiel que prévu, des exigences de compétences spécifiques non identifiées initialement, une crise économique ou encore des processus de recrutement longs peuvent ralentir, voire compromettre, le projet.

Méthodologie pour identifier les risques potentiels

Pour ne pas subir les événements, il est essentiel d'adopter une démarche proactive. Plusieurs outils peuvent aider à cartographier les risques de manière structurée.

L'analyse "What If" (Et si ?)

Cette technique de brainstorming consiste à se poser systématiquement des questions pessimistes pour chaque étape clé du plan d'action. Par exemple : "Et si je n'obtiens pas le financement pour ma formation ?", "Et si le métier visé ne me plaît finalement pas sur le terrain ?", "Et si je ne trouve aucune offre d'emploi après ma certification ?". L'objectif est de lister les pires scénarios pour pouvoir y réfléchir à froid.

L'analyse SWOT personnelle

L'outil SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats / Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces) peut être appliqué à son projet professionnel. La section "Menaces" est particulièrement utile ici. Elle permet d'identifier les facteurs externes qui pourraient nuire au projet (ex: évolution technologique rendant une compétence obsolète, forte concurrence, etc.). Pour des informations fiables, des plateformes comme l'APEC fournissent des analyses détaillées sur les dynamiques des marchés de l'emploi par secteur.

Les entretiens-réseaux et l'enquête métier

Rien ne remplace la confrontation directe avec la réalité. Discuter avec des professionnels déjà en poste dans le secteur visé est la meilleure manière de comprendre les véritables défis, les difficultés du quotidien et les écueils à éviter. C'est une source d'informations inestimable pour ajuster son plan.

Comment construire des plans B (et C) concrets et réalisables ?

Un plan B n'est pas un plan de secours qui dévalorise le plan A. C'est une alternative stratégique qui démontre une capacité d'adaptation. Pour chaque risque majeur identifié précédemment, il s'agit de définir une ou plusieurs actions correctives.

Définir des scénarios alternatifs logiques

Les plans alternatifs doivent être aussi concrets que le plan principal. Il ne s'agit pas de vagues idées, mais d'options réfléchies.

  • Exemple pour un obstacle financier : Si le financement via le Compte Personnel de Formation (CPF) est refusé, le plan B pourrait être de solliciter France Travail (anciennement Pôle Emploi) ou les dispositifs régionaux. Le plan C pourrait consister à trouver une formation similaire en alternance pour être rémunéré, ou à réorienter le projet vers un métier accessible sans formation longue et coûteuse.
  • Exemple pour un obstacle de marché : Si le métier de "Chef de projet digital" est trop concurrentiel, le plan B pourrait être de viser un poste de "Chargé de communication web" pour acquérir une première expérience, ou de se spécialiser sur une niche moins demandée (ex: SEO technique). Cela implique de savoir prioriser ses actions de manière stratégique pour atteindre l'objectif final par étapes.

Ces alternatives permettent de maintenir une dynamique positive même en cas de difficulté, car une solution a déjà été envisagée.

L'importance d'un suivi et d'un ajustement régulier

Le plan d'action, avec ses alternatives, est un document vivant. Il doit être revu et ajusté périodiquement (par exemple, chaque mois). Cette démarche s'inspire des méthodes agiles de gestion de projet, comme le cycle PDCA (Plan-Do-Check-Act) : Planifier, Réaliser, Vérifier, Agir/Ajuster. Cette flexibilité est la clé pour naviguer sereinement dans un environnement professionnel en constante évolution. Des ressources comme le livre "Designing Your Life" de Bill Burnett et Dave Evans proposent des approches innovantes pour prototyper et ajuster son parcours de carrière de manière itérative.

En conclusion, la réussite d'un projet professionnel après un bilan de compétences ne dépend pas seulement de la qualité du plan d'action initial, mais surtout de sa résilience face aux imprévus. L'identification rigoureuse des obstacles potentiels et la construction de plans B réalistes transforment l'incertitude en opportunité d'adaptation. C'est cette préparation minutieuse qui fait la différence entre un projet qui aboutit et un rêve qui reste sur le papier.

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L'essentiel à retenir

  • L'anticipation des obstacles (financiers, personnels, marché) est une étape cruciale après un bilan pour rendre son plan d'action réaliste
  • Utiliser des méthodes comme l'analyse "What if" ou SWOT personnel permet d'identifier systématiquement les risques potentiels
  • Construire des plans B concrets pour chaque obstacle majeur n'est pas un aveu d'échec, mais une preuve de maturité stratégique
  • Le plan d'action et ses alternatives doivent être revus et ajustés régulièrement pour s'adapter à la réalité du terrain.