Le retour d'expatriation est une étape charnière, particulièrement pour le "conjoint suiveur" qui a mis sa carrière entre parenthèses. Cette transition, souvent idéalisée, peut entraîner une véritable crise identitaire professionnelle. La perte des repères sociaux et professionnels acquis à l'étranger, combinée au défi de se réinsérer sur le marché du travail national, nécessite une démarche structurée. Reconstruire son identité professionnelle implique de faire le deuil de l'expérience passée, de valoriser les compétences uniques développées à l'étranger et de réactiver son réseau de manière stratégique.
Le défi du retour : quand l'identité professionnelle s'efface
Le terme "conjoint suiveur" désigne la personne qui accompagne son partenaire muté à l'étranger, suspendant ou adaptant sa propre carrière. Au retour, le statut change brutalement : l'environnement stimulant de l'expatriation laisse place à un quotidien où tout est à reconstruire. Ce phénomène, parfois appelé le "choc culturel inversé", est bien documenté et souligne l'importance de bien gérer son retour d'expatriation pour éviter l'isolement.
La principale difficulté réside dans la perte de l'identité professionnelle. Sans poste, sans statut clair et parfois sans réseau immédiat, le conjoint suiveur peut ressentir un sentiment de vide et une dévalorisation. Les compétences et responsabilités exercées à l'étranger, qu'elles soient formelles ou informelles (gestion de projet familial, bénévolat, etc.), sont souvent difficiles à traduire dans le langage des recruteurs nationaux.
Les étapes clés pour reconstruire son parcours
Rebâtir une carrière après une expatriation est un processus qui demande du temps et de la méthode. Il ne s'agit pas seulement de chercher un emploi, mais de se réaligner avec ses aspirations profondes et les réalités du marché local.
1. Faire le deuil de l'expérience d'expatriation
Avant de se projeter, il est essentiel d'acter la fin d'un chapitre. L'expatriation est une période riche en découvertes et en responsabilités. Accepter la nostalgie et les émotions liées au retour permet de libérer l'énergie nécessaire pour se concentrer sur l'avenir. C'est une phase de transition indispensable pour aborder la suite avec sérénité.
2. Redécouvrir et valoriser ses compétences acquises
Loin d'être une "pause", une expatriation est une source d'apprentissage intense. Il est crucial d'identifier et de formuler les compétences développées :
- Compétences transversales (soft skills) : Adaptabilité, résilience, communication interculturelle, autonomie, résolution de problèmes complexes, gestion de l'incertitude. Ces qualités sont très recherchées par les entreprises.
- Compétences techniques (hard skills) : Maîtrise d'une nouvelle langue, gestion de projet dans un contexte international, connaissance d'un marché étranger.
Pour certains, structurer cette réflexion et traduire ces acquis en atouts tangibles sur le marché du travail français peut s'avérer complexe. Se faire accompagner par des professionnels, par exemple lors d'un entretien découverte permettant de définir un cadre de travail, peut offrir la méthodologie et le recul nécessaires pour objectiver ses compétences.
3. Réactiver et adapter son réseau professionnel
Le réseau professionnel laissé en France peut s'être distendu. Il convient de le réactiver avec méthode : mettre à jour son profil LinkedIn en valorisant l'expérience internationale, reprendre contact avec d'anciens collègues, et mener des entretiens d'information pour comprendre les évolutions de son secteur. Il ne faut pas hésiter à expliquer clairement son parcours, en transformant l'expérience de conjoint suiveur en un atout différenciant.
Le bilan de compétences comme outil stratégique
Face à la complexité de cette transition, le bilan de compétences est un levier puissant. Il offre un cadre formel pour analyser ses compétences, identifier ses motivations profondes et définir un projet professionnel réaliste et aligné. Cette démarche de bilan de compétences pour expatriés et retour de mobilité internationale permet de poser un regard neuf sur son parcours et d'explorer de nouvelles voies (reconversion, création d'entreprise, retour au salariat) en s'appuyant sur une analyse objective de ses forces. Des organismes comme l'Apec fournissent également des ressources précieuses pour les cadres revenant de l'étranger.
Se réinventer : vers une nouvelle identité professionnelle
Le retour d'expatriation est plus qu'un simple retour au pays ; c'est une opportunité unique de se réinventer. L'expérience acquise, la maturité gagnée et le recul sur sa carrière antérieure sont des atouts majeurs. Que ce soit pour reprendre une activité similaire, se reconvertir dans un nouveau domaine ou lancer sa propre entreprise, cette période de transition, bien que difficile, est souvent le point de départ d'une vie professionnelle plus choisie et plus épanouissante. Des plateformes comme Femmexpat offrent de nombreux témoignages et conseils pour naviguer cette étape avec succès, en accord avec les cadres plus généraux proposés par des entités comme France Diplomatie.