L'envie d'entreprendre séduit de plus en plus d'actifs en France, mais passer de l'idée au projet viable est une étape complexe. Le succès ne repose pas uniquement sur un concept innovant, mais aussi sur le profil de l'entrepreneur lui-même. Le bilan de compétences se révèle alors un outil stratégique pour évaluer objectivement ses propres atouts, ses faiblesses et l'adéquation de sa personnalité avec les défis de la création d'entreprise. Il permet de cartographier ses compétences techniques (gestion, marketing) et comportementales (résilience, leadership) avant de se lancer.
Qu'est-ce qu'un "profil entrepreneurial" ?
Le profil entrepreneurial est un ensemble de compétences, de traits de caractère et de motivations qui favorisent la réussite dans la création et la gestion d'une entreprise. Contrairement à une idée reçue, il n'existe pas un profil unique, mais plutôt un faisceau de qualités et d'aptitudes qui, une fois identifiées, permettent de mieux orienter son projet.
Les compétences techniques (Hard Skills)
Elles sont le socle opérationnel de l'entreprise. Il s'agit des savoir-faire concrets indispensables à la gestion quotidienne :
- Gestion financière et administrative : capacité à élaborer un business plan, à suivre une trésorerie, à comprendre les bases de la comptabilité.
- Marketing et vente : savoir définir sa cible, construire une offre, et mettre en place des stratégies pour acquérir des clients.
- Compétences métiers : la maîtrise technique du produit ou du service proposé.
Ces compétences peuvent généralement s'acquérir par la formation. Des organismes comme Bpifrance Création offrent de nombreuses ressources pour les futurs entrepreneurs.
Les qualités personnelles (Soft Skills)
Souvent plus difficiles à évaluer, ces qualités sont pourtant déterminantes pour surmonter les obstacles inhérents à l'entrepreneuriat. On y retrouve :
- La résilience : la capacité à faire face aux échecs et à rebondir.
- La prise de risque calculée : savoir oser tout en mesurant les conséquences de ses décisions.
- Le leadership et la vision : inspirer une équipe, définir un cap et s'y tenir.
- L'autonomie et la proactivité : être capable de travailler seul et de prendre des initiatives sans attendre.
Le bilan de compétences comme outil de diagnostic pour l'entrepreneur
Le bilan de compétences, encadré par le Code du travail, n'est pas réservé à la reconversion des salariés. Il constitue une démarche structurée et introspective particulièrement adaptée aux porteurs de projet. Il se déroule généralement en trois phases clés pour analyser la faisabilité d'une ambition entrepreneuriale.
Phase d'investigation : identifier ses motivations profondes
Cette première étape vise à comprendre les raisons qui poussent à entreprendre. Est-ce un désir de liberté, la volonté de porter un projet qui a du sens, ou une opportunité de marché ? Clarifier ses motivations est essentiel pour maintenir l'engagement sur le long terme. C'est le moment d'analyser en profondeur si un réel besoin d'autonomie est le principal moteur du projet.
Phase d'analyse : cartographier ses compétences actuelles
Le consultant aide le futur entrepreneur à lister et à objectiver l'ensemble de ses compétences, qu'elles aient été acquises dans un cadre professionnel ou personnel. L'objectif est de les mettre en regard des compétences requises par le projet entrepreneurial. Cet exercice permet de prendre conscience de ses forces mais aussi, et surtout, d'identifier les lacunes à combler.
Phase de conclusion : un plan d'action concret
Le bilan ne se contente pas d'un simple constat. Il débouche sur un plan d'action personnalisé. Ce document synthétise les points de vigilance et propose des pistes concrètes : formations à suivre (en gestion, en marketing digital...), experts à consulter (comptable, avocat), ou encore recherche d'un associé aux compétences complémentaires. Les statistiques de l'INSEE montrent que les entreprises bien préparées ont un taux de survie plus élevé.
Comment le bilan valide (ou invalide) concrètement le projet ?
Le bilan de compétences agit comme un "crash test" bienveillant pour le projet. Il confronte l'envie à la réalité de manière factuelle.
L'adéquation personne-projet
Le projet est-il compatible avec les contraintes personnelles (vie de famille, capacité financière), les valeurs et le rythme de vie souhaité ? Parfois, la motivation première est de fuir une situation inconfortable, comme la lassitude managériale. Le bilan permet de s'assurer que l'envie de devenir son propre patron repose sur des fondations solides et non sur une simple réaction.
L'identification des risques et des opportunités
En objectivant les forces et les faiblesses, le bilan met en lumière les risques potentiels. Un excellent technicien peut par exemple réaliser qu'il n'a aucune appétence pour la prospection commerciale, un point pourtant vital pour son entreprise. Cette prise de conscience permet d'anticiper et de trouver des solutions avant même le lancement.
La confrontation avec la réalité du marché
Un bon bilan intègre une phase d'enquête métier. Le porteur de projet est encouragé à rencontrer d'autres entrepreneurs, à sonder des clients potentiels et à analyser la concurrence. Cette étape, souvent négligée, est cruciale pour valider la pertinence économique de l'idée. Le cadre légal du bilan est d'ailleurs défini sur le site service-public.fr.
Aller plus loin : quand le bilan devient un tremplin
Valider son profil entrepreneurial est une étape fondatrice, mais ce n'est que le début. Le bilan de compétences, lorsqu'il est bien mené, ne se limite pas à un rapport ; il insuffle une dynamique et donne les clés pour passer à l'action de manière éclairée. L'accompagnement par un professionnel est donc central pour transformer l'analyse en stratégie. Une approche comme celle proposée par Excellart, forte d'une méthode éprouvée, peut faire la différence en structurant la démarche dès le début pour poser les premières pierres de la future entreprise. Le bilan peut aussi mener à des conclusions inattendues : le projet initial peut être amendé, reporté, ou transformé en une autre forme d'indépendance comme le freelancing ou l'intrapreneuriat.