Lors du choix d'un consultant pour un bilan de compétences, de nombreux critères entrent en jeu : la méthodologie, la certification, le tarif... Mais une question est souvent négligée : le consultant a-t-il lui-même vécu une reconversion professionnelle ? Loin d'être anecdotique, cette information peut être un indicateur clé de l'empathie, de la crédibilité et de la compréhension concrète des défis que vous vous apprêtez à relever. Cet article explore pourquoi cette expérience personnelle peut faire une différence significative dans la qualité de l'accompagnement.
Une question de crédibilité et d'empathie
La reconversion est un parcours semé de doutes, de peurs, mais aussi d'espoirs. Un consultant qui est passé par ces mêmes étapes émotionnelles peut offrir un niveau d'écoute et de compréhension différent. Selon des organismes comme l'International Coaching Federation, l'empathie est la pierre angulaire d'un accompagnement réussi. Quand elle est issue d'un vécu authentique, elle crée un lien de confiance plus fort et légitime son rôle de guide.
La compréhension concrète des étapes et des obstacles
Au-delà de l'aspect psychologique, la reconversion est un projet concret avec ses propres défis administratifs, financiers et logistiques. Un consultant qui a mené sa propre transition professionnelle connaît les rouages du système de l'intérieur. Il peut fournir des conseils plus pragmatiques sur :
- La gestion de l'incertitude et la communication avec son entourage.
- Les démarches de recherche de formation et les dispositifs de financement (comme le CPF).
- La construction d'un réseau professionnel dans un nouveau secteur.
- Les difficultés à valoriser des compétences transférables auprès de recruteurs.
Cette connaissance pratique, acquise sur le terrain, est une plus-value inestimable qui complète l'approche méthodologique du bilan de compétences, encadré par le Code du Travail.
Comment poser la question sans être indiscret ?
Aborder ce sujet personnel doit se faire avec tact. Le premier entretien d'information, gratuit et sans engagement, est le moment idéal. Plutôt que de demander abruptement "Vous êtes-vous reconverti ?", vous pouvez formuler votre question de manière plus ouverte :
"Qu'est-ce qui vous a amené à devenir consultant en bilan de compétences ? Votre parcours personnel a-t-il influencé votre approche de l'accompagnement ?"
La réponse du consultant, tant sur le fond que sur la forme, sera révélatrice. Cette interrogation s'inscrit d'ailleurs logiquement parmi les questions fondamentales à poser durant l'entretien préliminaire pour vous assurer de choisir le bon professionnel.
Est-ce un critère rédhibitoire ?
Il est important de nuancer : un excellent consultant n'est pas forcément un ancien reconverti. De nombreux professionnels développent une très grande expertise grâce à leur formation, à la supervision de leur pratique et au suivi de centaines de parcours. Leur force peut résider dans une objectivité et une prise de distance différentes.
Cependant, l'absence d'expérience personnelle de reconversion doit être compensée par d'autres qualités : une solide connaissance des outils, une certification reconnue par des organismes comme France Compétences, et une capacité d'écoute avérée. Finalement, le choix vous appartient. L'essentiel est de trouver un professionnel avec qui vous vous sentez en confiance et compris. Ce critère, bien que non éliminatoire, s'ajoute à d'autres points de vigilance, tels que la charge de travail du consultant, pour faire un choix éclairé.