Engager un bilan de compétences revient souvent à répondre à une question simple en apparence : "Que veux-je faire ?". Pourtant, derrière cette interrogation se cache une exploration complexe de nos motivations. La réussite de cette démarche repose sur la capacité à distinguer et à analyser deux niveaux de besoins : les besoins explicites, qui sont conscients et formulés, et les besoins implicites, plus profonds et souvent non verbalisés. Comprendre cette dualité est la pierre angulaire de la phase préliminaire du bilan, car elle conditionne la construction d'un projet professionnel authentique et pérenne.
Qu'est-ce qu'un besoin explicite dans le cadre professionnel ?
Les besoins explicites sont les raisons apparentes qui poussent une personne à envisager un changement de carrière. Ce sont les éléments concrets et facilement identifiables qu'elle peut verbaliser. Ils constituent la "demande initiale" lors du premier entretien.
- Augmentation de salaire : Le désir d'une meilleure rémunération.
- Changement de secteur : L'envie de quitter une industrie pour une autre jugée plus porteuse ou intéressante.
- Évolution hiérarchique : L'ambition d'accéder à un poste avec plus de responsabilités.
- Modification des conditions de travail : Recherche de télétravail, d'horaires plus souples, ou d'un environnement moins stressant.
Si ces besoins sont légitimes et importants, ils ne représentent souvent que la partie émergée de l'iceberg. Se focaliser uniquement sur eux peut conduire à des solutions superficielles qui ne résolvent pas l'insatisfaction profonde à l'origine de la démarche.
Comment les besoins implicites influencent-ils notre carrière ?
Les besoins implicites sont les moteurs internes de nos choix et de notre satisfaction au travail. Ils sont liés à nos valeurs, notre personnalité et nos aspirations profondes. Contrairement aux besoins explicites, ils sont souvent inconscients ou difficiles à formuler. C'est l'exploration de ces besoins qui donne toute sa valeur au bilan de compétences.
Exemples concrets de besoins implicites
Identifier ces moteurs est crucial. Parmi les plus courants, on retrouve :
- Le besoin de sens : Le désir de contribuer à une cause plus grande, de sentir que son travail a un impact positif.
- Le besoin de reconnaissance : La nécessité de se sentir valorisé pour ses compétences et son investissement.
- Le besoin d'autonomie : L'aspiration à avoir de la liberté dans l'organisation de son travail et la prise de décision.
- Le besoin de sécurité : La recherche de stabilité, que ce soit financière ou contractuelle.
- Le besoin d'appartenance : L'envie d'intégrer une équipe soudée et de partager des valeurs communes.
- Le besoin d'équilibre : La volonté de définir un équilibre sain entre vie professionnelle et personnelle.
Méthodes et outils pour faire émerger ses besoins
Le bilan de compétences, tel qu'encadré par le Code du Travail, n'est pas une simple discussion. Il s'appuie sur une méthodologie structurée pour passer du conscient à l'inconscient et mettre des mots sur les besoins implicites.
Le rôle du consultant en bilan de compétences
Le consultant joue un rôle de miroir et de guide. Par son questionnement neutre et sa posture d'écoute active, il aide la personne à dépasser ses premières formulations. C'est le cœur de l'analyse approfondie de la demande lors de la phase initiale. Plusieurs outils peuvent être mobilisés :
- Les questionnaires d'intérêts professionnels : Des outils comme le MBTI ou le test RIASEC de Holland permettent d'explorer les préférences et les environnements de travail favorables.
- L'analyse du parcours de vie : Revenir sur les expériences passées, professionnelles et personnelles, pour identifier des schémas récurrents de satisfaction ou d'insatisfaction.
- Les exercices de projection : Des questions comme "Si l'argent n'était pas un problème, que feriez-vous ?" aident à se libérer des contraintes externes pour toucher à ses aspirations profondes.
L'importance de l'alignement entre besoins implicites et explicites
La finalité du bilan est d'aboutir à un ou plusieurs projets professionnels qui répondent à la fois aux besoins explicites (un salaire décent, des conditions de travail acceptables) et aux besoins implicites (du sens, de la reconnaissance). Un projet qui ne comble qu'une des deux dimensions est voué à l'échec ou à une satisfaction de courte durée. Par exemple, accepter un poste très bien payé (besoin explicite) mais qui va à l'encontre de ses valeurs (besoin implicite) mènera inévitablement à une nouvelle crise professionnelle.
En conclusion, l'identification des besoins implicites et explicites est bien plus qu'une simple étape du bilan de compétences ; c'est son fondement. C'est ce travail d'introspection guidée qui permet de transformer une vague envie de changement en un projet de carrière réfléchi, cohérent et, surtout, véritablement épanouissant.