L'intelligence émotionnelle (QE), popularisée par le psychologue Daniel Goleman, désigne la capacité à reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions, ainsi qu'à composer avec celles des autres. Dans le cadre d'un bilan de compétences, évaluer son QE est devenu une étape pertinente pour mieux cerner son potentiel professionnel au-delà des seules compétences techniques. Cette démarche permet d'identifier des forces et des axes d'amélioration en matière de leadership, de communication et d'adaptation, grâce à des outils spécifiques, des entretiens structurés et une auto-analyse guidée.
Qu'est-ce que l'intelligence émotionnelle (QE) ?
Contrairement au quotient intellectuel (QI) qui mesure les aptitudes cognitives, le quotient émotionnel (QE) se concentre sur les compétences socio-émotionnelles. Selon les travaux de Daniel Goleman, l'intelligence émotionnelle repose sur cinq piliers fondamentaux :
- La conscience de soi : La capacité à comprendre ses propres émotions, ses forces, ses faiblesses et leurs effets sur les autres.
- La maîtrise de soi : L'aptitude à gérer ses émotions et ses impulsions pour s'adapter aux situations changeantes.
- La motivation interne : La propension à poursuivre des objectifs avec énergie et persévérance, au-delà des gratifications externes.
- L'empathie : La capacité à percevoir et comprendre les émotions d'autrui, et à y réagir de manière appropriée.
- Les compétences sociales : L'aisance à gérer les relations, à inspirer les autres et à nouer des réseaux.
Pourquoi évaluer son QE dans un contexte professionnel ?
Dans un monde du travail en constante évolution, les compétences techniques (hard skills) ne suffisent plus. Les compétences comportementales (soft skills), au premier rang desquelles figure l'intelligence émotionnelle, sont devenues un facteur déterminant de réussite. Un QE élevé est souvent associé à :
- Un meilleur leadership : Les leaders dotés d'une forte intelligence émotionnelle sont plus à même de motiver leurs équipes, de gérer les conflits et de créer un environnement de travail positif.
- Une collaboration efficace : La capacité à comprendre ses collègues et à communiquer de manière constructive fluidifie le travail d'équipe et améliore la productivité.
- Une plus grande résilience : La maîtrise de soi et la motivation aident à mieux gérer le stress, à surmonter les échecs et à s'adapter aux changements.
- Une meilleure prise de décision : Une conscience affûtée de ses propres biais émotionnels et de ceux des autres permet de prendre des décisions plus objectives et réfléchies.
Comment l'intelligence émotionnelle est-elle évaluée en bilan de compétences ?
L'évaluation du QE en bilan de compétences n'est pas un jugement de valeur, mais un outil de développement. Elle se base sur une approche multi-facettes qui combine plusieurs méthodes. Cette exploration se fait via une approche structurée, qui intègre souvent différents tests psychométriques pour mieux comprendre le profil individuel, aux côtés d'outils plus spécifiques.
Les tests spécifiques au QE
Il existe plusieurs questionnaires standardisés conçus pour mesurer l'intelligence émotionnelle. Parmi les plus reconnus, on trouve :
- L'EQ-i 2.0 (Emotional Quotient Inventory) : Basé sur le modèle de Reuven Bar-On, ce test évalue un ensemble de compétences émotionnelles et sociales.
- Le MSCEIT (Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test) : Il mesure l'intelligence émotionnelle en tant qu'aptitude, via des tâches concrètes de perception ou de compréhension des émotions.
Ces outils fournissent des indicateurs quantitatifs qui servent de base de discussion avec le consultant.
L'entretien avec le consultant
L'échange avec le consultant est une phase cruciale. À travers des questions ouvertes, des mises en situation professionnelles et l'analyse de situations vécues, le praticien évalue la manière dont la personne mobilise ses compétences émotionnelles au quotidien. Cet entretien permet de contextualiser les résultats des tests et d'affiner l'analyse.
L'auto-évaluation guidée
Le bilan de compétences est avant tout une démarche réflexive. Le consultant encourage la personne à s'auto-évaluer sur les différentes composantes du QE, en la guidant dans son introspection. Cet exercice favorise une prise de conscience essentielle à tout processus de changement.
Interpréter et utiliser les résultats de son évaluation de QE
L'objectif final est de transformer cette évaluation en un levier d'action concret. Les résultats permettent d'élaborer un plan de développement personnalisé pour renforcer certains aspects de son QE. Ils peuvent également éclairer le projet professionnel en aidant à identifier les environnements de travail, les types de postes ou les styles de management les plus en adéquation avec son profil émotionnel.
L'analyse du QE ne s'effectue pas en vase clos. Elle est souvent mise en perspective avec d'autres outils d'évaluation, comme le célèbre indicateur de personnalité MBTI ou encore les tests SOSIE et PAPI qui évaluent la personnalité au travail, pour obtenir un portrait complet et nuancé. Ces informations croisées permettent de mieux cerner non seulement la personnalité, mais aussi les intérêts professionnels, une dimension explorée par les tests d'orientation comme le Strong ou l'IRMR. Intégrer la dimension du QE dans son bilan de compétences offre ainsi une vision holistique, essentielle pour construire un projet professionnel solide, aligné et épanouissant.